samedi 3 mai 2008
"Le XXIe siècle sera durable ou ne sera pas"
L'Eco-calculateur, le parcours d’un produit, des ressources naturelles au déchet
Les produits que nous concevons, achetons, utilisons et jetons causent tous des préjudices pour la santé de la planète et de l’homme, à un moment ou à un autre de leur cycle de vie. En adoptant des modes de production et consommation durables, il est possible de réduire ces impacts environnementaux.
Le cabinet de conseil Bio Intelligence Service, spécialisé dans l’analyse de cycle de vie, lance le premier Eco-calculateur, permettant d’accéder à la «carte d’identité environnementale» de plus de 300 familles de produits (alimentation, habillement, loisirs, hygiène et beauté…). Les produits sont évalués selon leur impact climatique (émission de CO2), leur influence sur la pollution, les risques toxiques ou l’épuisement des ressources.
Grâce à cet outil de mesure de l'empreinte environnementale, vous pouvez comprendre et agir pour une production et une consommation durables, repenser vos achats de produits en calculant leurs impacts environnementaux, ou également mesurer les impacts environnementaux de vos choix énergétiques, et logistiques.
Et bientôt de nouveaux calculateurs.
samedi 19 avril 2008
Les recettes durables de la nature
« La nature, c’est 3,8 milliards d’années de recherche et de développement. Animaux, plantes, microbes, en sont les ingénieurs. Au fil de l’évolution, certains ont "trouvé" ce qui fonctionne, ce qui peut durer sur cette planète. Les organismes qui nous entourent aujourd’hui détiennent les secrets de la survie. »
Janine Benyus, pionnière du « biomimétisme », qui dirige la Biomimicry Guild (Association du biomimétisme) et le Biomimicry Institute (Institut de biomimétisme)
Le développement durable est le domaine de prédilection de la plupart des êtres vivants. « Biomimicry » est un terme inventé par Janine Benyus pour désigner l’imitation de la nature au profit exclusif du développement durable. Le
biomimétisme étudie les bonnes idées de la nature et imite les concepts
présents dans la nature pour chercher à résoudre les
problèmes énergétiques mondiaux, réduire les déchets et favoriser la
durabilité.
« Les organismes ont fait tout ce que les êtres humains veulent faire, mais sans s’empiffrer de combustibles fossiles, polluer la planète ni hypothéquer leur avenir »
Apprendre de la nature permettrait de trouver des solutions à de nombreux problèmes liés à l’énergie, explique Janine Benyus. Ainsi l’Eastgate Building, un centre commercial et d’affaires d’Harare, la capitale du Zimbabwe, n’a ni climatisation ni chauffage, seulement des canaux d’aération inspirés des termitières.
Il existe déjà de nombreux exemples de technologies éprouvées s’inspirant de la nature.
La surface des feuilles de lotus est tapissée de minuscules pointes superhydrophobes couvertes de cire. Les gouttes d'eau sont ainsi repoussées par la cire mais reposent en même temps sur les petites bosses. L'eau s'écoule ainsi facilement sans s'étaler, et emporte avec elle des débris, insectes et autres poussières. En d'autres termes, le lotus possède une feuille autonettoyante. En imitant le lotus, les chercheurs ont créé une peinture pour maison appelée Lotusan qui garantit une propreté pendant au moins cinq ans.
Autre exemple : le Velcro bio-inspiré de la bardane, une plante à fleurs roses.
Le Velcro (abréviation de velours-crochet) fut inventé en 1948 par le chimiste suisse George de Mestral, qui a copié la façon dont les fruits de la bardane s’accrochaient aux poils de son chien et à son pantalon. Il découvrit que leurs épines se terminaient par de minuscules crochets.
Boucles et crochets Velcro, observés au microscope électronique
Mais le Velcro est une success story un peu à part car la biomimétique a, de manière étonnante, débouché sur très peu de produits fabriqués à grande échelle industrielle. Pourquoi ? La principale raison est que la nature est incroyablement complexe. Un projet de recherche et développement en biomimétique requiert beaucoup de temps alors que les industriels ont des attentes court-termistes sur la rentabilité d'un projet. Par ailleurs, l'association entre biologistes et inventeurs industriels est indispensable pour réussir en matière de biomimétique mais faire travailler ensemble plusieurs disciplines scientifiques et secteurs d'activité industriels n'est pas chose aisée.
Certains biomiméticiens déchantent aussi sur la façon dont leurs bio-inspirations pourraient être récupérées dans le domaine militaire. La NASA, l'US Air Force, l'US Navy, etc. sont les premiers à voir l’intérêt potentiel de ces trouvailles de la nature. L'avion fut inventé en regardant le vol d'un oiseau mais onze ans plus tard, l'homme l'utilisait pour larguer les premières bombes…
En octobre 2008, à Barcelone, lors du prochain congrès de l’Union mondiale pour la nature, Janine Benyus publiera pour la première fois Les 100 meilleurs inventeurs de la nature. Car de son point de vue, le monde « durable » est sous nos yeux. En attendant, cette « liste verte » sera actualisée au fil des découvertes sur Internet (www.n100best.org).
Un autre lien intéressant pour découvrir quelques-uns des récents fruits du biomimétisme que Janine Benyus a sélectionnés : Quand les ingénieurs copient la nature
mardi 8 avril 2008
Alerte ! Bio-invasions
Pour faire bonne figure, la Chine a importé des tonnes d’espèces extrachinoises pour décorer Pékin en vert pour les JO : un total de 60 tonnes de semences diverses et plus de 31 millions de plants d'espèces ornementales avec autant de risques de «bio-invasions» de parasites ou ravageurs de culture…
Depuis quelques années déjà, l’envol des échanges commerciaux de l’empire du Milieu, longtemps replié sur lui-même, avec le reste du monde a permis à environ 400 espèces animales et végétales étrangères d’envahir le territoire chinois au détriment d’autres espèces indigènes «phagocytées», mais aussi aux dépens des récoltes et forêts qui peuvent être affectées durablement.
Depuis une dizaine d’années, l’atelier du monde accapare les trois quarts des mouvements de conteneurs dans le monde ! Alors qu’en 1999, environ 200 espèces animales ou végétales étrangères étaient interceptées aux douanes ; plus de 2 000 l'ont été en 2005. Outre le commerce, nombre d'introductions ont été incitées par le gouvernement chinois à des fins «environnementales», ex. des herbes américaines pour prévenir l'érosion des sols, une jacinthe d'eau pour fournir un complément alimentaire au bétail, etc. sauf que les résultats de cohabitation forcée se sont révélés catastrophiques. Nouveaux maillons inconnus au bataillon de la chaîne alimentaire classique et donc sans prédateur, ces espèces introduites ont proliféré et pris le dessus sur les autres espèces chinoises en «compétition».
De manière générale, les espèces chinoises n’ont pas le temps de s’adapter aux «aliens» à cause du caractère soudain des bio-invasions issu de l'isolement tardif de la Chine qui n'a pris fin qu'à la fin des années 70 avec l’ouverture du pays inspirée
par Deng Xiaoping, et exacerbé par une
mondialisation rapide et permanente.
Un autre exemple d'espèce invasive, en France où on a aussi joué aux apprentis sorciers bios : au début des années 70, pour pallier à la menace de disparition des huîtres plates et portugaises touchées par une maladie mortelle, on a importé une huître du Japon pour continuer à assurer le commerce de l'ostréiculture. Seulement, petit à petit l'huître sauvage gagne du terrain et échappe au contrôle de l'homme. Alors qu'elle ne pouvait se reproduire qu'au sud de la Loire, on la retrouve maintenant en masse jusqu'en Bretagne et également aux Pays-Bas, en Allemagne et en Irlande. A cause du réchauffement climatique, la température des eaux de surface s'est élevée en moyenne de 1 degré en Bretagne depuis les années 90, ce qui permet la prolifération de l'huître japonaise plus au nord. Tant et si bien que ces envahisseuses colonisent les plages et rochers au grand damne du tourisme.
Paru dans Ouest France le 18 janvier 2008,
L'huître japonaise envahit nos rivages
lundi 7 avril 2008
Un petit pas (de danse) pour l’écologie
Un projet de dance-floor écologique, une piste de danse qui récupère l’énergie des danseurs et la
transforme en électricité pour éclairer les dalles lumineuses du sol, il fallait y penser !
Démonstration en images,
samedi 29 mars 2008
Ecologiquement incorrect
Pour respecter les objectifs du protocole de Kyoto, l'Union européenne doit réduire ses émissions gaz à effet de serre de 8% entre 2008 et 2012, par rapport aux niveaux de 1990. Pour l'instant, en 15 ans, elle n'a réussi à les faire diminuer que de 2%. Le compte n'est pas bon.
En Europe, les émissions de CO2 du secteur des transports ont augmenté de 26% depuis 1990. Les voitures particulières sont responsables de 12 % des rejets de gaz à effet de serre. La Commission européenne veut contraindre les constructeurs automobiles à limiter à 130 grammes par kilomètre les émissions de CO2 de leurs véhicules neufs dès 2012. Les 4x4 sont, en moyenne, les véhicules particuliers qui émettent le plus de CO2 : 223 grammes de CO2 par kilomètre (les berlines : 141 g de CO2) - Chiffre Ademe 2005.
Et pourtant les constructeurs automobiles osent encore surfer sur la vague verte !
Dans la série "Mon 4x4 est bon pour l'environnement", mais que fait le Bureau de Vérification de la Publicité ?
(Cf. article La publicité peut nuire gravement à l’environnement)
Selon la DIRECTIVE 1999/94/CE DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL du 13 décembre 1999, concernant la disponibilité d'informations sur la consommation de carburant et les émissions de CO2 à l'intention des consommateurs lors de la commercialisation des voitures particulières neuves, « les informations doivent être facilement lisibles et au moins aussi visibles que la partie principale des informations figurant dans la documentation promotionnelle ».
Or, La quasi-totalité des publicités pour voitures mentionnent systématiquement en tout petits caractères la consommation et les émissions de CO2 d’un véhicule.
Voilà ce à quoi pourraient bien ressembler les publicités automobiles d’ici peu.
Source : magazine Imagine Demain le Monde
Cette vraie fausse pub est la traduction graphique des propositions en matière de pub automobile adoptées, à une large majorité par le Parlement européen fin octobre 2007 (un pourcentage minimum de 20% de l’espace publicitaire réservé à des informations relatives à la consommation d’énergie et aux émissions de CO2).
Ce
n’est pour le moment qu’une « résolution » du Parlement qui n’a donc
pas de valeur contraignante, mais qui devrait servir de feuille de
route pour amender la directive 1999/94/CE dont le processus de
révision vient de débuter.
Recommandation Développement Durable BVP
Vous souhaitez réagir sur une publicité française ?
samedi 22 mars 2008
Quel temps fera-t-il en 2030 ?
Selon les dernières mesures recueillies sur 30 glaciers de référence, "Le taux moyen de fonte a fait plus que doubler entre les années 2004-2005 et 2005-2006".
Nous sommes déjà au-dessus du scénario le plus pessimiste du GIEC en augmentation des émissions de gaz à effet de serre. Scénario qui donne une estimation « très probable » du réchauffement d’ici 2100, avec une hausse des températures de 6,4°. Avec la disparition des glaciers ce sont des millions de personnes qui seront affectées par l'accès à l’eau réduit ou par la montée du niveau des océans. L'ONU estime qu'en 2050, plus de 150 millions de terriens seront victimes du changement climatique.
La nouvelle ère « anthropocène » s’annonce très néfaste pour Dame Nature. L’homme technologique pèse trop lourd sur la terre et est devenu un force géophysique capable de transformer profondément la Nature, et de dégrader massivement les services fournis par les écosystèmes terrestres.
Aujourd’hui si tout le monde consommait comme la moyenne chinoise, il ne faudrait que 0.55 planète pour subvenir aux besoins de toute la population. Si tout le monde consommait comme un américain, il faudrait 6.81 planètes !! Or nous assistons tous à l'émergence du dragon chinois devant nos yeux qui est déjà devenu le premier émetteur de gaz à effet de serre. Une grande part de ces émissions sont évidemment dues aux activités liées aux usines délocalisées des multinationales américaines et européennes. Par ailleurs, la Chine recourt massivement aux centrales thermiques à charbon, moins onéreuses pour la production d'électricité mais très émettrices de gaz à effet de serre et de dioxyde de soufre (responsable des pluies acides).
Aujourd'hui, la Chine est encore loin derrière les Etats-Unis en termes d'émissions de CO2 rapportées au nombre d'habitants. En 2005, selon l'Agence Internationale de l'Energie, un américain rejetait en moyenne 19,61 tonnes de CO2/an, un chinois 3,88, un indien 1,05 (un français 6,19)…
Quel climat fera-t-il demain quand 1,5 milliard de chinois consommeront comme un américain ?
L'humanité doit faire face à deux problèmes majeurs pour ce siècle : l'épuisement progressif des combustibles fossiles (pétrole, gaz et charbon) dont dépend toute notre économie planétaire, et le changement climatique lié aux émissions de gaz à effet de serre. Pour Geneviève Férone, Directrice du Développement Durable de Veolia Environnement, le krach écologique aura lieu en 2030. Le front climatique, le front énergétique, le front de la croissance et le front démographique vont se télescoper exactement à la même date.
Nous sommes obligés de migrer au plus vite vers des solutions énergétiques soutenables pour éviter ce krach, mais aurons-nous seulement le temps ?
La décennie à venir sera cruciale pour stabiliser le climat
Il semblerait que la Chine énergivore et croqueuse de charbon soit bel et bien en passe de devenir le principal maître à bord de notre vaisseau spatial "Terre". La Chine construit deux nouvelles centrales thermiques par semaine pour faire face à cet appétit débordant. Entrainée par sa croissance économique démesurée, le pays peine à mettre en oeuvre un Plan Climat stratégique. La Chine aura-t-elle le temps d’adopter au plus vite des énergies propres et renouvelables afin de couvrir les besoins en énergie de 1,5 milliard de personnes en 2030 sans mettre en péril l'avenir de la planète ? Et les pays développés, qui lui font fabriquer les produits qu'ils consomment, partageront-ils cette responsabilité ?
A l'autre bout du monde, les groupes pétroliers Total et compagnie lorgnent déjà sur le nouvel eldorado de l'or noir au pôle Nord. Une "guerre du pôle" se profile entre les Etats riverains de l'Arctique (Russie, Etats-Unis, Canada, Danemark et Norvège) pour mettre la main sur des nouvelles réserves pétrolières soupçonnées et sur de nouvelles routes maritimes. Sous l'effet du réchauffement climatique, la banquise arctique fond. Les experts estiment qu'elle devrait disparaître en été vers 2050. Or la Chine entre aussi dans la cour des "grands" du Monopoly planétaire. Elle a clairement besoin des réserves pétrolières étrangères et va fortement impacter l'équilibre énergétique mondial.
Sous quelle forme se traduirait le krach écologique en 2030 ? Un mix géopolitique de guerres polaire, de l'eau, du pétrole, entre les zones sécurisées des pays riches et les non-zones des réfugiés climatiques ? De quoi écrire un bon roman de science-fiction digne de Barjavel… sauf que cette fois-ci la fiction pourrait devenir réalité si nous ne faisons rien dans la décennie à venir.
Chaque geste compte !
Un geste pour la planète
Mes Courses Pour La Planète.com
dimanche 9 mars 2008
Faites votre bilan carbone
1,2 tonne équivalent Carbone par an.
C'est la quantité totale de gaz à effet de serre que j'émets en
moyenne chaque année dans l'atmosphère pour satisfaire les
consommations associées à mon mode de vie.
La barre horizontale rouge représente la hauteur moyenne que les barres de l'histogramme ne devraient pas dépasser pour que mon mode de vie puisse être qualifié de durable du point de vue des émissions de gaz à effet de serre.
Un Européen émet en moyenne 10,5 tonnes équivalent Carbone par an. Rappelons que l'objectif est de diviser par quatre nos émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2050 ! On est donc encore loin du compte pour sauver la planète…
Vous aussi vous voulez connaître les résultats de votre Bilan Carbone Personnel ?
Allez sur le site du calculateur en ligne BILAN CARBONE™ Personnel, développé par Jean-Marc Jancovici, en partenariat avec l'association Avenir Climatique, et l'Agence de l'Environnement et la Maîtrise de l'Energie (ADEME).
Vous pourrez remplir les différentes pages du questionnaire et télécharger une synthèse de vos résultats au format PDF.
Entrez vos consommations d’eau, d’électricité, de gaz, de déchets... et vous saurez combien vous émettez de gaz à effet de serre via votre consommation quotidienne. Et surtout AGISSEZ AU QUOTIDIEN là où sont vos péchés mignons carbonés.
Je vous fais part de mes résultats : Resultats_de_mon_Bilan_Carbone_Personnel. FAITES VOS JEUX !
mardi 26 février 2008
Faut-il se réjouir du premier vol au biocarburant ?
Virgin Atlantic a lancé le premier vol avec du biocarburant, fabriqué à partir d'huile de coco et de babassu (huile de palme) pour 20% de l’un de ses quatre réservoirs.
Cet exploit aéronautique remet sur le devant de la scène internationale la polémique grandissante sur les biocarburants finalement pas si bio…
Oui ces carburants sont faits à base de matières premières bio et renouvelables (si gérées durablement) d’où leur dénomination de bio. Oui en volant avec du biocarburant, on émet moins de gaz à effet de serre en comparaison avec le pétrole.
Mais ne nous arrêtons pas là et élargissons le champ de l’analyse sur le bilan énergétique de la vie complète d’un biocarburant. Plusieurs études scientifiques remettent en doute l’efficacité environnementale de ces carburants. Selon une étude parue dans le magazine Science en août 2007, si l'on compare l'énergie dépensée pour produire les biocarburants avec l'énergie qu'ils fournissent : le bilan est assez médiocre, voire négatif ! D'un point de vue bilan carbone, il vaudrait mieux faire pousser des arbres que cultiver des plantations destinées à faire voler des avions. (Cf. Bilan écologique des agrocarburants)
Et combien faudrait-il défricher de nouvelles forêts pour cultiver des palmiers et produire mille milliards (de mille sabords !) de litres d'huile de coco pour les 16.000 avions commerciaux à réacteurs actuellement en activité dans le monde ? Rien que d'y penser donne le vertige. Sans compter que le trafic augmenterait du fait de la déculpabilisation miracle du voyageur volant au bio, mais au détriment d'écosystèmes naturels.
Par ailleurs, ces cultures énergétiques menacent l’agriculture de subsistance dans les pays du Sud en concurrençant les cultures vivrières, et fait monter les cours mondiaux des matières premières et donc les prix de l’alimentation. Manger ou conduire ou voler, faudra-t-il choisir ?
Certes Virgin peut se réjouir de ce gros coup de pub, mais ne soyons pas dupes, les vols avec du biocarburant ne résoudront en rien le réchauffement climatique. Aujourd'hui si l’industrie aéronautique veut réduire son impact environnemental, il faudrait d'abord qu'elle commence par soutenir la campagne pour inclure l’aviation dans les objectifs gouvernementaux de réduction des émissions de CO2.
Heureusement, de nombreux pays souhaitent modérer les ardeurs sur les biocarburants (Cf. l'Allemagne).
Bruxelles mise sur les biocarburants "écologiquement viables" pour atteindre 10% d'agrocarburants dans la consommation d'énergie dans les transports d'ici à 2020. Exclure l'huile de palme, seuls les biocarburants écologiquement viables seront promus. Les forêts vierges, les zones naturelles protégées ou les terres marécageuses ne pourront pas servir de substrats aux cultures. Pour bénéficier du label bio, les produits devront permettre d'économiser au moins 35% de CO2 par rapport aux carburants classiques. C'est une approche plus raisonnable, contrairement aux Américains qui exploitent abusivement le maïs pour en faire du bioéthanol.
On a bon espoir pour les carburants verts de 2ème génération, produits à partir de résidus agricoles et forestiers, de cultures dédiées et de déchets organiques.
- Coût des matières premières faible,
- Pas de compétition avec la filière alimentaire.
Et la recherche sur des cultures de plantes du désert (exemple: le jatropha) est très prometteuse. Mais tout vient à point à qui sait attendre.
Articles liés : Les biocarburants, un remède durable?, De l'huile de palme durable
jeudi 14 février 2008
OGM ou pas OGM ?
OGM, Je t’aime un peu , Beaucoup, Passionnément, A la folie, Pas du tout !!!
Les non-initiés peuvent s'y perdre. Le jour où la clause de sauvegarde sur le maïs transgénique MON 810 a été officiellement notifiée par la France à Bruxelles, vendredi 8 février, le Sénat a voté, en première lecture, la loi définissant les conditions de coexistence sur le territoire entre cultures OGM, conventionnelles et biologiques.
Source : Le Monde.fr Le Sénat a modifié l'esprit du texte de loi sur les OGM
Pour certains ils sont la solution miracle pour nourrir 9 milliards d’hommes en 2050, et pour ce faire, multiplier par deux la production agricole.
Pour d'autres, c'est J'en veux pas.
(articles Finirons-nous par nous OGMiser?, Ca vous intéresse de savoir ce que vous mangez ?)
Conséquence du réchauffement climatique et des activités humaines (déforestation, surpâturage, irrigation intensive, etc.), l'avancée du désert menace un tiers de l'humanité. La désertification affecte déjà 200 millions de personnes mais 2 milliards de personnes pourraient être concernées, qui vivent dans des zones arides (en Afrique, les zones désertiques ou arides représentent les deux tiers du continent).
Au plan mondial, la question de l'approvisionnement en eau devient chaque jour plus préoccupante. Et la situation ne pourra qu'empirer dans les années à venir avec une demande en hausse et des réserves surexploitées, gaspillées et polluées (70% des cours d'eau et lacs seraient pollués et donc impropres à la consommation en Chine). Ce stress hydrique non seulement obligera des populations entières à migrer vers les villes mais il deviendra un facteur d’instabilité sociale de plus en plus majeur.
L’agriculture moderne épuise les sols avec ses méthodes de maximisation de production par l’usage important d’engrais, de pesticides, herbicides, etc. Les sols se dégradent et perdent de leur fertilité entrainant un cercle vicieux d’usage intensif d’intrants…
Comment dans ces conditions subvenir aux besoins de 9 milliards de Terriens en 2050 ?
Les agriculteurs du monde entier doivent relever le défi d'une alimentation saine et abondante dans un environnement préservé.
C’est là que les partisans des OGM font valoir les bienfaits des biotechnologies.
« La biotechnologie végétale offre aux agriculteurs une solution pour faire face à ce problème sans imposer des pressions encore plus fortes sur les ressources naturelles. Elle contribue à la création d'une forme d'agriculture plus équilibrée, et plus respectueuse de l'environnement. L'utilisation croissante et non contrôlée de pesticides dans les cultures peut nuire à la qualité des eaux et à la faune sauvage. Ainsi, il semble intéressant d'améliorer les caractéristiques génétiques des plantes cultivées afin de leur permettre une meilleure protection intérieure et de rationaliser les épandages de pesticides. C'est pourquoi, les chercheurs ont développé ces plantes qui constituent un moyen de préserver l'environnement. »
Source : Site internet de la firme Monsanto, producteur du fameux maïs transgénique MON810
Sauf que ceux qui tirent profit des cultures génétiquement modifiées ne sont pas ceux qu’on voudrait nous laisser croire…
Selon un nouveau rapport des Amis de la Terre, Les OGM augmentent l’usage des pesticides et ne réduisent pas la pauvreté.
Contrairement aux méthodes d’agriculture durable qui apportent des solutions viables tout en développant l’économie locale et en créant des emplois, en Afrique, les OGM servent « en majorité à nourrir le bétail des pays riches, pour produire des agrocarburants causant des dommages énormes et n’ont même pas un rendement supérieur aux cultures conventionnelles ».
Nnimmo Bassey, coordinateur des Amis de la Terre International sur les OGM au Nigéria.
Or si nous voulons lutter contre la pauvreté et la faim dans le monde (voir Nourrir les hommes), il est fondamental de promouvoir des modes d’agriculture durables et de consacrer plus d’argent à ces projets. La technologie ne suffit pas à résoudre tous les problèmes! D’autant plus si elle présente des risques méconnus (sanitaires, environnementaux, etc.). Ne nous laissons pas emporter par les délires technologiques de la vie artificielle. Il faut penser à parer aux risques de demain, et surtout s’abstenir de disséminer massivement des cultures d’OGM. Le principe de précaution est plus que jamais à l’ordre du jour. Les recherches doivent se poursuivre, avec toute la sécurité requise, pour explorer la diversité des risques générés par ces biotechnologies.
Par ailleurs, en arguant vouloir aider les pays du Sud à sortir de la misère, les semenciers Monsanto et Cie sont accusés d’avoir la mainmise sur les semences génétiquement modifiées, qui induit un « nouvel esclavage ». Ces firmes promettent monts et merveilles auxquels ne peuvent résister bon nombre de petits producteurs voulant sortir de l’économie de subsistance, mais au final, ils sont pris à la gorge par la chute des cours. Et comble pour un agriculteur, il faut acheter les semences hybrides chaque année pour assurer la même productivité d'une année sur l'autre, car les qualités des hybrides sont perdues dans leur descendance.
A suivre.
mercredi 13 février 2008
Votre banque est-elle bonne pour l'environnement ?
On peut penser à tord qu'en tant que société de services, les banques ont peu d'impacts sur l'environnement. C'est faux. Les banques ont une véritable influence au travers de leur argent (et donc en partie du vôtre) qui sert à financer des projets qui peuvent eux avoir des impacts sur l'environnement et la santé (infrastructures pétrolières, industries chimiques, autoroutes, etc.).
Les Amis de la Terre ont donc publié le premier guide éco-citoyen du secteur bancaire pour vous aider à choisir la banque la plus responsable.
Le guide "Environnement : Comment choisir ma banque ?" explique le fonctionnement des banques, leurs impacts environnementaux et sociaux massifs via les financements et investissements qu’elles octroient à leurs clients (entreprises et grands projets surtout) et leur poids à l’international.
Le guide analyse les dix principales banques françaises à l’aide de 5 enjeux :
- Politique globale de protection de l’environnement ;
- Réduction des impacts indirects (dans le financement de secteurs risqués comme les énergies fossiles, la chimie, etc) ;
- Produits attractifs pour les entreprises et collectivités ;
- Produits attractifs pour les particuliers ;
- Impacts environnementaux directs de la banque.
Le Crédit Coopératif remporte haut la main la palme de la banque la plus responsable. C'est une pionnière et un leader en matière de finance solidaire et en particulier de microfinance. Par nature et par choix, elle partage avec l’ensemble des entreprises d’économie sociale une vision responsable de l’économie. Le Crédit Coopératif est acteur d’un développement durable.
(La Nef est une société financière coopérative, hébergée par le Crédit Coopératif, qui octroie 100% de ses financements pour des projets écologiques, sociaux ou culturels.)
Pour faire suite à mon article J'épargne utile, vous pouvez désormais choisir votre banque en vous assurant qu'elle et votre argent contribuent à construire un monde durable et équitable.
Et encore une fois, n'hésitez pas à faire pression sur votre banque ! Devenez consom'acteur.














































