samedi 6 septembre 2008
Le développement de la Chine est-il durable ?
En octobre 2007, un écologiste anglais a mis des masques anti-pollution sur le visage de statues de l'armée de terre cuite du premier empereur de Chine, exposées au British Museum à Londres. Ces masques portaient la mention « Pollueur émission de CO2 », pour montrer du doigt la Chine devenue le premier émetteur de gaz à effet de serre au monde, devant les États-Unis.
L’empire du Milieu, le pays le plus peuplé du globe, est le théâtre d’un développement économique sans précédent dans l’histoire de l’humanité. L’ouverture de la Chine de Mao à l’international, dans les années 90, a décuplé la croissance du pays. Durant la dernière décennie, la Chine s’est hissée au troisième rang mondial des puissances économiques, depuis que les multinationales américaines et européennes y ont délocalisé la fabrication de leurs biens de consommation. L’exode rural vers les pôles industrialisés de centaines de millions d’ouvriers-paysans génère l’urbanisation galopante et anarchique du pays. A l’instar des Américains de l’entre-deux-guerres et des Européens des années 50, les Chinois de la classe moyenne émergente, de plus en plus nombreux, aspirent à plus de confort et adoptent le style de vie gourmand en énergie des pays industrialisés. En conséquence, les besoins énergétiques de la Chine s’envolent, et pèsent lourdement sur le marché mondial de l’énergie (épuisement des ressources pétrolières, tensions géopolitiques).
Dans sa course contre la montre, la Chine construit près d’une nouvelle centrale à charbon tous les deux jours pour alimenter son appétit d’énergie. 84 % de l’énergie primaire chinoise est d’origine fossile, et la combustion du charbon est responsable des trois quarts des émissions chinoises de gaz carbonique (dioxyde de carbone), l’ennemi public numéro 1 de la planète. Tout en fournissant des produits bon marché au monde entier, le pays exerce une forte pression sur le climat et subit les coûts environnementaux connexes (pollutions, avancée du désert, perte de biodiversité…)
Malgré tout, un foyer chinois consomme encore en moyenne 13 fois moins d’énergie qu’un foyer américain. Que se passera-t-il si, demain, plus d’un milliard de Chinois consommaient autant d’énergie par habitant que les Américains ? Une seule planète ne suffirait pas.
Montrée du doigt par les pays industrialisés, la Chine a tendance à se réfugier derrière son statut de pays « ayant le droit de se développer ». En effet, l’appétit d’énergie très polluant du géant asiatique ne présage rien de bon. La Chine, suivie de près par l’Inde, est en passe de devenir le principal maître à bord de notre avenir climatique. Mais les pays développés sont-ils pour autant en droit de se porter en donneurs de leçons vis-à-vis de la Chine émergente ? Alors que leurs révolutions industrielles passées sont à l’origine du mode de développement actuel, dépendant du dioxyde de carbone (CO2) et insoutenable pour la planète si reproduit à l’échelle de 6,5 milliards d’habitants. Peut-on légitimement empêcher les Chinois de reproduire notre mode de développement, au nom du développement durable planétaire ? Il est pourtant crucial que la Chine adopte un modèle de développement durable pour les vingt prochaines années, avant que le cercle vicieux du réchauffement climatique ne s’enclenche de manière irréversible…
Dilemme, comment gérer la boulimie en charbon du pays de Mao à l’horizon 2030 tout en préservant l’environnement et en luttant contre le changement climatique ?
Les autorités chinoises parviendront-elles à couvrir les besoins énergétiques des Chinois d’ici à 2030, sans mettre en péril l'avenir de la planète ? Et les pays développés, qui lui font fabriquer les produits qu'ils consomment, partageront-ils cette responsabilité ? La Chine peut-elle y parvenir seule ? Par quels processus internationaux peut-elle collaborer avec la communauté internationale afin d’assurer son développement, ses besoins énergétiques et la lutte contre le changement climatique ?
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Si cette problématique vous intéresse, je vous invite à lire la suite de mon mémoire rédigé dans le cadre de mon cursus au CERAM.
Le defi energetique_et_climatique_de_la_croissance_chinoise - part_1
Le defi energetique_et_climatique_de_la_croissance_chinoise_- part_2















