vendredi 27 juillet 2007
Doha, Le Brésil et l'Inde ont claqué la porte !
Le directeur général de l'OMC Pascal Lamy, déçu, a du pain sur la planche...
L'Organisation mondiale du commerce (OMC) est l’organisation internationale qui s'occupe des règles régissant le libre-échange entre les pays.
Les
négociations entre les 4 grands acteurs de l'OMC (Etats-Unis, Union européenne, Inde,
Brésil) à Potsdam ont échoué fin juin 2007. Ils n'ont pas trouvé
d'entente sur les aides agricoles et l'ouverture des marchés aux
produits industriels. Le Brésil et l'Inde ont claqué la porte !
Les négociations à l'OMC du Cycle de Doha sont au point mort : l'Inde et le Brésil ont affirmé que tant que les Etats-Unis et l'Union européenne refuseront de réduire leurs subventions agricoles, les négociations commerciales ne pourront pas aboutir.
Ils refusent d'ouvrir davantage leurs marchés aux produits des pays occidentaux car ces subventions maintiennent le prix des produits agricoles à un niveau artificiellement bas (inférieur au prix de revient !) sur les marchés mondiaux et nuisent à la compétitivité des paysans des pays émergents.
En effet, ces subventions (« Farm Bill » de 16 milliards d'euros pour les Etats-Unis et aide à l'agriculture de 55 milliards d'euros pour l'Union européenne) ont un rôle déterminant dans le dumping pratiqué par les multinationales des pays du Nord. Elles encouragent la surproduction (revente des excédents à prix bas dans les pays du Sud) et tirent vers le bas les prix des matières premières agricoles…
Ainsi, sur les marchés locaux des pays émergents, on trouve des denrées alimentaires importées des Etats-Unis ou de l'Union européenne moins chères que les prix des productions locales alors que le coût de la vie et de production dans les pays du Nord sont bien supérieurs…
Ou encore, les subventions américaines pour leur production de coton sont néfastes
pour l’industrie brésilienne par leur influence à la baisse sur les
cours mondiaux. Le président brésilien Lula a même porté plainte à l’OMC pour dénoncer ces aides octroyées aux producteurs de coton, aide qui, selon lui, étaient incompatibles avec les règles du commerce mondial. En juin 2004, l’OMC avaient donné raison au Brésil.
En effet, qui pourrait prétendre que les subventions ne sont pas contraires aux lois du marché ?
Ulysse Gosset a reçu Pascal Lamy dans son émission Le Talk de Paris. Pascal Lamy donne sa vision de la mondialisation, de la crise des négociations du cycle de Doha et de son règlement. Je vous propose de visionner la vidéo de 34 minutes sur le site de france24.
Pour approfondir ce sujet, vous pouvez également lire : Voyage aux pays du coton (Petit précis de mondialisation) d'Erik Orsenna et Le marche de la faim (le livre du film WE FEED THE WORLD) d'Erwin Wagenhofer.
mercredi 25 juillet 2007
Le développement McDurable...
Dans la série La publicité peut nuire gravement à l’environnement, un de plus ! Ronald McDonald's
Vous avez du le remarquer dans les rues dernièrement, McDonald’s veut sensibiliser ses clients au fait que chez McDo, les restaurants sont climatisés...
Tout le monde le sait : la climatisation est un mode de rafraîchissement polluant, gaspilleur d'énergie et producteur de gaz à effet de serre !
Pourtant chez McDo, quelqu'un du service marketing a eu cette idée incongrue (et qui a été validée par son responsable !) d'ironiser sur le combat contre le "réchauffement de la clientèle" en mettant en avant le fait que tous les restaurants sont climatisés... Un peu déplacé pour une entreprise qui se vante sur son site internet d'être engagé en faveur de l’environnement et de vouloir économiser l’énergie !
Consultez l'EcoJournal de McDonald's France
« Pour votre santé, évitez de manger trop gras, trop sucré, trop salé » www.mangerbouger.fr
mardi 24 juillet 2007
De l'huile de palme durable
est une entreprise pionnière du développement durable dans l'industrie cosmétique (plus de 2100 magasins dans plus de 55 pays).
Anita Roddick a fondé l'enseigne The Body Shop en 1976 pour lutter contre les méfaits de l’industrie cosmétique :
- campagne de communication pour réhabiliter le corps de la femme et développer l’estime de soi
- campagne contre l’expérimentation animale
Découvrez la préface d’Anita Roddick de son autobiographie Corps et Ames en cliquant ici. Réconcilier l’éthique et le business, telle est la préoccupation permanente d’Anita Roddick à travers son entreprise.
Aujourd’hui, afin de diminuer les effets néfastes de la déforestation entraînée par le commerce de l’huile de palme, The Body Shop a annoncé qu’il se fournirait exclusivement en huile de palme produite de manière durable pour ses savons.
C’est une première mondiale pour un groupe cosmétique !
En effet, pour répondre à une demande de plus en plus croissante des pays du Nord en huile de palme, des millions d'hectares de forêts primaires sont défrichés dans les régions tropicales d'Asie du Sud Est (la Malaisie et l'Indonésie détiennent 83% du marché mondial), d'Afrique de l'Ouest et d'Amérique du Sud pour laisser la place à des palmeraies.
Cette huile végétale est très utilisée dans les aliments et les cosmétiques pour son faible coût de production et son haut rendement. Sa demande a été multipliée par six depuis le milieu des années 80 et représente désormais 29 millions de tonnes chaque année !
Comme le rappelle le WWF, « les forêts sont des maillons essentiels de la chaîne de la vie. Elles jouent un rôle vital dans la régulation des climats et du cycle de l'eau et sont des écosystèmes les plus riches et utiles de la planète. »
En Indonésie la déforestation massive, le « rouleau compresseur », menace également des centaines de millions de personnes (essentiellement des populations indigènes) qui vivent dans et de la forêt et qui se voient confisquer leurs terres par les nouveaux occupants ! Obligées de fuir ou de travailler dans les plantations, elles perdent leurs moyens de subsistance sans pour autant gagner de quoi satisfaire leurs besoins : la culture du palmier à huile nécessite un investissement trop onéreux et l'activité est peu rémunératrice pour eux.
L'exploitation de l'huile de palme a aussi des effets dévastateurs sur la faune : orangs-outans, éléphants, tigres d'Asie, etc. Leur
habitat naturel (les forêts de Malaisie,
Indonésie, Bornéo et Sumatra) a été détruit à plus de 90% aux XIXe et
XXe siècles, et la déforestation massive continue pour laisser la place
à de plus en plus de plantations de palmiers à huile.
On estime à 5000 le nombre des orangs-outans victimes chaque année de cette exploitation. Si rien n'est fait, ils auront disparu en 2020 !
Face à l’évolution catastrophique des forêts tropicales d’Asie du Sud Est, le WWF, en collaboration avec des partenaires comme Migros, Unilever et
The Body Shop, a mis en place une table ronde sur la production durable
d’huile de palme pour définir des normes garantissant une production durable (critères environnementaux,
économiques, sociaux).
L’objectif est de lancer une certification pour une huile de palme durable en 2008 : garantie que ni l’environnement, ni les hommes, ni la faune ne sont menacés par la culture des palmiers à huile.
Mais cette démarche et la mise en œuvre de sa régulation restent volontaires et laissées à l'initiative de chaque pays jusqu’en novembre 2007.
The Body Shop donne ainsi l’exemple. C'est une décision symbolique.
The Body Shop va s’adresser à l’entreprise Daabon, en Colombie. Daabon
est depuis longtemps pionnière en matière de responsabilité sociale et
environnementale. Depuis près de 20 ans, Daabon s’est concentrée sur la
certification biologique de ses produits; récemment l’entreprise à mis
en oeuvre des normes sociales, telles que SA8000, Fairtrade et
Rainforest Alliance. Daabon travaille en étroite collaboration avec des
coopératives locales, à qui elle fournit formation et débouchés.
Même si les 2200 tonnes d’huile de palme utilisées par The Body Shop ne représentent qu’une goutte d’eau dans l’océan… l’engagement volontaire de l’enseigne marque une étape historique pour l’ensemble du secteur cosmétique. The Body Shop veut parvenir à inspirer d’autres entreprises à les rejoindre.
mercredi 18 juillet 2007
Grenellorama, les coulisses du Grenelle Environnement
« Le Grenelle Environnement sera un contrat entre l’Etat, les collectivités territoriales, les syndicats, les entreprises et les associations. Je veux que ce contrat engage les responsables » Extrait du discours du Président de la République prononcé le 21 mai 2007 lors de la réunion préparatoire avec les associations écologistes.
Jean-Louis Borloo a présenté vendredi 6 juillet les grandes orientations du Grenelle Environnement, qui comprendra six groupes de travail.
- un groupe « lutter contre les changements climatiques et maîtriser la demande d’énergie »
- un groupe « préserver la biodiversité et les ressources naturelles »
- un groupe « instaurer un environnement respectueux de la santé »
- un groupe « adopter des modes de production et de consommation durables »
- un groupe « construire une démocratie écologique »
- un groupe « promouvoir des modes de développement écologiques favorables à l’emploi et à la compétitivité »
Les premières réunions ont débuté lundi 16 juillet.
Si tout se déroule comme prévu, les participants devraient parvenir à un consensus afin de définir la nouvelle stratégie gouvernementale en matière de développement durable.
L'objectif du Grenelle est d'aboutir à la fin du mois d’octobre à un plan d’action de 15 à 20 mesures concrètes et quantifiables en faveur de l’écologie, du développement et de l’aménagement durables et recueillant un accord le plus large possible des participants.
Seulement, à l'issue des premières réunions, la réalité semble bien eloignée du discours... Selon les ONG écologistes y participant, les résultats ne sont pas à la hauteur de leurs attentes et des promesses du gouvernement.
Les ONG écologistes contestent la préparation du Grenelle de l'environnement.
L'Alliance pour la planète a donc créé "le blog des écolos qui dévoile les coulisses du Grenelle de l'environnement", baptisé Grenellorama.
On peut y découvrir les surprises et difficultés rencontrées :
- Absence de cadrage réel, "dilution" des thèmes, comme les OGM ou les biocarburants traités dans plusieurs groupes ce qui ne facilitera pas le consensus.
- Aucune méthode de travail n'a été définie clairement (pour les calendriers, les remises de propositions de mesures, etc.).
- Des experts et des "personnes morales associées" ont été désignés unilatéralement par le gouvernement sans concertation (et leur nombre est au final plus important que les effectifs du groupe initial ! si bien que les écologistes ne représentent plus qu'un faible pourcentage par rapport à des gens dont la légitimité n’est pas avérée).
- Au total, les groupes comportent quarante à cinquante personnes autour de la table donc presque autant de propositions et de points de vue sont exprimés... difficile d'y voir clair et d’arriver à des propositions concrètes !
- Les écologistes craignent finalement que tout ce flou ne serve de prétexte au gouvernement pour faire sa propre sélection sans réel débat avec les associations...
Mais, pour les ONG écologistes, il est hors de question de sortir du Grenelle maintenant !
Face à cette situation très inquiétante, les responsables de l’Alliance pour la planète se sont réunis et ont décidé de demander un rendez-vous en urgence à Jean-Louis Borloo pour traiter chacun de ces points.
Un courrier officiel lui a été adressé. Ils attendent maintenant sa réponse. Ils ne veulent pas d'un énième diagnostic sur la gravité de la crise environnementale mais une vraie négociation.
lundi 16 juillet 2007
Une BD durablement imprimée
LUUNA est la première héroïne de BD à être sélectionnée pour cette grande campagne de sensibilisation pour le “Développement durable de la filière de l’imprimé”.
Le dernier tome de LUUNA (paru en mars 2007), et les outils promotionnels autour de la série ont été entièrement réalisés et imprimés suivant la démarche de développement durable. Le papier de l'album est issu de forêts générées durablement, les encres utilisées ne contiennent pas de solvants minéraux et l'imprimeur assure la bonne gestion de ses déchets dangereux, la sécurisation du stockage de ces mêmes produits et la non-utilisation de produits étiquetés toxiques dans le processus d’impression.
Les compagnons d’aventure de Luuna, les Pipintus, nous invitent à voyager dans la forêt française et nous expliquent, de façon ludique mais sérieuse, que :
• Couper du bois, ce n’est pas tuer la forêt mais accompagner son développement.
• La gestion durable des forêts conjugue le respect de l’environnement, le bien-être social et le développement économique pour les populations d’aujourd’hui et pour les générations futures.
• En France, seuls les bois d’éclaircie, les branches et les sous-produits du sciage sont utilisés pour la fabrication du papier.
Pour en savoir plus, vous pouvez consulter le dossier de presse sur le site de l'Office National des Forêts.
mercredi 11 juillet 2007
La barre d’outils Ecolo-info
Il existe une barre d'outils qui regroupe toutes les informations sur l'écologie, l'environnement et le développement durable (actualités, blogs, associations, etc.).
Vous pouvez la télécharger en cliquant sur l'image ci-dessous.![]()
mardi 10 juillet 2007
Rendre la pomme plus verte
Pour la protection de l’environnement et de la santé publique, depuis le 20 juillet 2005, il existe un décret relatif à la composition des équipements électriques et électroniques (appareils ménagers, ordinateurs, téléphones portables, etc.) et à l’élimination de leurs déchets :
1) La directive RoHS requiert la diminution, lors de la conception du produit, de l'usage de certaines substances chimiques dangereuses : plomb, mercure, cadmium, chrome hexavalent, polybromobiphényles/PBB et polybromodiphényléthers/PBDE
(concentration maximale autorisée : 0,1% par unité de poids de matériau homogène, sauf pour le cadmium où la limite est de 0,01%).
2) La directive DEEE impose la collecte sélective, le traitement et les autres formes de valorisation des déchets des équipements électriques et électroniques.
Ainsi, depuis mi-novembre 2006, pour tout appareil électrique ou électronique présentant ce logo, les distributeurs (FNAC, Darty, Boulanger, etc.) sont dans l'obligation de reprendre un appareil usagé pour un neuf acheté, et les collectivités incitées à collecter ces « e-déchets ». Lorsque le consommateur achète un nouvel équipement, il paie une Ecotaxe pour financer le recyclage en fin de vie du produit dans le respect de l’environnement.
Mais ce décret de juillet 2005 prévoit un système différent pour les e-déchets des professionnels. Actuellement, il existe une directive de 2003 qui stipule que l'entreprise doit veiller à l’élimination des équipements mis sur le marché après le 13 août 2005. Mais l’adaptation française de cette directive offre la possibilité au producteur de diluer sa responsabilité individuelle, en transférant cette obligation à son client dans le contrat de vente...
Des milliers d'e-déchets peuvent ainsi se retrouver dans la nature sans avoir été pris en charge dans le circuit de recyclage imposé par la loi. De nombreux trafics d'e-déchets illégaux, exportés par milliers chaque année des pays occidentaux vers l’étranger (Asie, Afrique), se sont développés. Le coût de recyclage est en moyenne 10 fois moins élèvé dans les pays émergents.
Des trafiquants récoltent ces déchets et, soit les expédient illégalement à l’étranger où ils sont traités non écologiquement, soit les abandonnent dans un champ ou un entrepôt. Ils se font payer pour soi-disant recycler ces déchets en toute légalité mais disparaissent dans la nature avec l’argent sans les avoir traités.
Et dans les pays de destination, les conditions de travail des ouvriers des chantiers de récupération ne sont pas du tout adaptées aux substances toxiques manipulées lorsqu'ils désassemblent les produits pour en extraire des substances de valeur comme du cuivre, du fer, du silicone, du nickel et de l'or.
Cette situation ne pourra changer que si les groupes électroniques assument leurs responsabilités jusqu'au bout de la chaine.
Greenpeace a édité, courant 2006, un Guide pour une high-tech responsable, remis à jour régulièrement en prenant en compte les efforts de chaque constructeur dans le domaine de l'environnement (principe de précaution, élimination du PVC, engagement en faveur de la substitution de tous les usages de retardateurs de flamme bromés/RFB, plan de reprise et de recyclage des produits obsolètes, etc.).
Les premiers classés sont NOKIA, DELL et LENOVO qui, soit se sont engagés en faveur des principes de précaution et de responsabilité individuelle du producteur*, soit comme Nokia ont déjà commercialisé des téléphones portables exempts de PVC, un plastique nuisible.
* La responsabilité individuelle du producteur implique que le fabricant est responsable de ses produits commercialisés et donc de leur devenir après obsolescence. Concrètement, cela se traduit par la mise en place de services de reprise et de recyclage dans tous les pays où sont vendus leurs produits.
Jusqu'à la VERSION 3, on trouvait en toute dernière position du classement... APPLE, la marque à la pomme : très décevant de la part d’une entreprise qui se veut leader dans son domaine. Greenpeace a donc lancé un défi à l'entreprise pour rendre sa pomme plus verte !
L'association a fait pression sur l'entreprise en créant un site internet factice (http://www.greenpeace.org/france/green-my-apple/) pour dénoncer les non-engagements de l’entreprise sur certains critères environnementaux et expliquer les conséquences sanitaires et environnementales que cela implique.
L’ONG a aussi incité des milliers de fans de MAC à écrire directement au CEO d'Apple, Steve Jobs. Environ 47 000 ont répondu à l'appel !
Si bien que 9 mois après ce site, Steve Jobs a annoncé que Apple deviendra plus verte avec, entre autres, l’élimination prochaine des retardateurs de flamme bromés et du PVC de ses produits.
L’ONG a donc revu à la hausse le score d’Apple, désormais de 5/10, au lieu de 2,7.
L'entreprise Apple s'est engagée publiquement à devenir un leader environnemental et s'expose ainsi sous le feu des projecteurs aux critiques si elle ne respecte pas ses promesses. C'est un début et c'est en agissant ainsi sur le leader dans le secteur de l'électronique, que la démarche de l'ONG va faire fléchir toutes les entreprises dans le même sens car elles n'auront pas d'autre choix pour rester dans la compétition.
Vous pouvez également consulter sur le site de Greenpeace la campagne Technologie toxique où sont expliqués plus en détails les tenants et aboutissants des e-déchets.
Idéalement, le développement durable doit commencer dès la conception des produits : repenser les produits et process, c'est le principe de l'éco-design.

Petite note finale pour clore le sujet : ASUS lance l’EcoBook, un ordinateur portable avec une coque en bambou !
On est en bonne voie ;)
lundi 9 juillet 2007
Les petits garçons naissent aussi des étoiles
C'est un très beau roman d'Emmanuel B. Dongala, né en 1941 de père congolais et de mère centrafricaine.
L’auteur nous fait découvrir le Congo des années 80, vécu et narré à travers les yeux naïfs du petit triplé Matapari.
Le roman débute par : « J’ai failli ne pas être né. ». En effet, Matapari est le troisième né de triplés, mais resté dans le ventre de sa maman, il ne se manifeste que 2 jours après la naissance de ses deux frères à la grande surprise de la famille !
C’est sans doute cette naissance insolite qui va faire de lui ce petit garçon très curieux et malin, qui observe les adultes et commente tout ce qui se passe autour de lui.
C’est de cette manière originale qu’Emmanuel B. Dongala dénonce le néocolonialisme, le communisme effréné et la naissance de la démocratie au Congo dans les années 80. Un conte moderne et acerbe, une sorte de « Candide au Congo », à lire absolument !
Extraits:
« Sache lire mon enfant, sache lire et les livres des hommes et le livre de l'univers. »
« Telle était à l'époque la puissance du Parti unique : il voyait tout, il contrôlait tout, il avait toujours raison même quand il avait tort. »
« Après l'esclavage, le colonialisme, le néocolonialisme et le socialisme scientifique, la démocratie s'abattit sur nous un matin du mois d'août, en pleine saison sèche. »
« La campagne électorale ? ... La démarche était simple : il s'agissait d'une part de séduire les électeurs, de les convaincre qu'on était l'homme ou la femme qu'il fallait à la place qu'il faut, et d'autre part, disqualifier tous les autres candidats en les traitant d'incompétents, de menteurs, de salauds, de corrompus pourris indignes de tenir entre leurs mains les destinées de la nation. Evidemment, il ne fallait jamais oublier d'inclure dans ces discours les promesses les plus mirobolantes et, de temps en temps, distribuer un peu sinon beaucoup d'argent. »
samedi 7 juillet 2007
6 milliards d’Autres
Né début 2003, « 6 milliards d’Autres » est un projet de Yann Arthus-Bertrand, qui recueille des témoignages partout dans le monde pour tenter de dresser un portrait de l’homme aujourd’hui.
L'idée lui est venue pendant les prises de vue de « La Terre vue du ciel », son ouvrage de photographies de la planète.
C'est lors d'une panne d'hélicoptère qu'il a eu l'occasion de prendre le temps de discuter avec un homme au Mali dans un petit village. Cet homme lui a raconté sa vie, ses envies, ses ambitions, qui se résumaient en quelques mots : nourrir sa famille. Il pensait déjà connaitre tout cela, mais c'est en parlant yeux dans les yeux avec cet homme qu'il en a vraiment pris conscience. Yann Arthus-Bertrand veut nous faire partager l’envie de se parler, cesser d'avoir peur, cohabiter car il n'y aura pas de développement durable si nous n'arrivons pas à vivre ensemble, à l'écoute des uns et des autres.
En 2008, vous pourrez écouter les milliers de témoignages recueillis et même ajouter le vôtre en ligne.
En attendant, vous pouvez d’ores et déjà découvrir le projet et une centaine d'interviews déjà réalisées sur http://www.6billionothers.org.
L’interviewé est filmé en plein cadre pour créer une sensation d’intimité propice à une écoute attentive. Il témoigne et répond à des questions sur ce qu'il a appris des épreuves qu'il a traversées; se confie sur ses peurs, rêves, fous rires, etc.
Japon « J’ai très peur que la force des hommes bouleverse l’ordre de la nature. Que l’équilibre qu’il y a eu pour l’instant soit détruit. »
Brésil « vendredi dernier j’ai pleuré, je n’ai rien trouvé à manger. »
6 000 interviews, 65 pays visités, 4 500 heures d'interviews tournées, 450 heures de vidéo de portraits traduites et sous-titrées mis a la disposition de tous !
« Nous connaissons souvent l’Histoire mais elle est elle-même composée de milliards de destins. Ecouter les témoignages, c’est écouter l’Histoire à l’échelle de l’individu. »
Yann Arthus-Bertrand
Je vous invite à passer du temps sur le site très riche de 6 milliards d’Autres. Ce
sont des milliers de témoignages poignants et intéressants qui
remettent en perspective nos petites scènes de vie quotidiennes...
vendredi 6 juillet 2007
Les biocarburants, un remède durable?
Aujourd’hui le Brésil est le premier producteur et exportateur mondial d'éthanol.
L'éthanol, principalement issu de la production de canne à sucre au Brésil, est utilisé dans les biocarburants (ou agrocarburants); le plus répandu étant le superéthanol E85, un mélange de 85% de bioéthanol et de 15% d'essence classique.
Le bioéthanol peut également être produit à partir de palmiers à huile, en Indonésie, de betteraves, céréales, etc.
En
2006, 75% des voitures vendues au Brésil étaient "flex-fuel", acceptant
indifféremment l'essence, l'éthanol ou un mélange des deux.
Avec Renault et PSA, les premières voitures françaises "flex-fuel" ne seront disponibles qu'à partir de cet été. La filière n'est pas encore bien développée en France. Il n'existe que 50 pompes de bioéthanol pour l'instant en France !
La part des biocarburants dans la consommation totale de carburants en France était de 3% en 2006 et devrait être de 6% en 2007.
Lors de la conférence internationale sur les biocarburants, à Bruxelles, jeudi 5 juillet, le président brésilien Luiz Inacio "Lula" da Silva a vanté le succès de la production d'éthanol dans son pays, qui offre, selon lui, une occasion de "combattre la misère" dans le monde. Il a donc invité les autres pays à lui emboiter le pas.
Mais, même si ces carburants sont moins nocifs que les produits pétroliers (contribution moindre à l'effet de serre), leur utilisation ne fait que repousser le problème environnemental d'un secteur à un autre et leur caractère durable peut être soumis à controverse...
- leur production favorise la monoculture, donc l'érosion des sols,
- nécessite une forte consommation en eau,
- pollue les nappes phréatiques à cause des engrais et des pesticides répandus en grandes quantités,
- monopolise des millions d'hectares cultivables. Le
Brésil produit 6.000 litres d'éthanol avec un hectare. L'objectif
du gouvernement et du pétrolier Petrobras est de porter les
exportations d'éthanol brésilien à 200 milliards de litres d'ici à 20
ans. Le Brésil en produit 17 milliards actuellement, dont quelque 3 milliards sont exportés.
Il faudra donc sacrifier des surfaces agricoles disponibles par habitant et la forêt amazonienne !
- la destruction massive de la forêt amazonienne, le "poumon de la Terre", entraînerait un désastre écologique qui affecterait l'ensemble de l'humanité (réduction du taux d'absorption naturelle de CO2, impact sur la biodiversité, etc).
- une étude nord-américaine conduite par le Pr. Mark Z. Jacobson (Université de Stanford) a démontré que le nombre de cancers liés à l’E85 serait du même ordre de grandeur que celui qu'on estime induit par l’essence (émission de substances cancérogènes dans l'air, benzène, butadiène, formaldéhyde et l’acétaldéhyde).
- l'utilisation de denrées comestibles (sucre, maïs, colza, etc) à des fins énergétiques fait envoler le cours mondial des denrées alimentaires, ce qui menace la sécurité alimentaire des plus démunis. Si bien qu'un peu partout dans le monde, certains gouvernements commencent déjà à essayer de freiner l'essor des
biocarburants (Chine, Inde). A titre de comparaison: " Pour faire le plein d'un gros 4x4, il faut 200 kg de maïs, soit assez de calories pour nourrir une personne une année durant...".
- les conditions de travail de nombreux producteurs agricoles des pays du Sud se dégradent.
- 200,000 travailleurs pauvres migrants "participent au succès" du secteur brésilien de l’éthanol... Les résultats d'une enquête sont parus à ce sujet, dans le Courrier International du 29 mars 2007; intégrale accessible sur le site de Sucre-Ethique:
" Ces hommes, des réfugiés économiques ayant fui le Nord-Est pauvre et aride, ne gagnent pas plus d'environ 150 euros par mois.[...] S’ils viennent ici, c’est parce que le chômage les contraint à partir de chez eux. De fait, ils travaillent 12 heures par jour dans une chaleur écrasante pour à peine plus de 0,75 euro la tonne de canne coupée ; ils retournent ensuite dans des “pensions” crasseuses et bondées que des propriétaires peu scrupuleux leur louent à des prix exorbitants. [...] C’est de l’exploitation pure et simple."
Finalement l'éthanol n'est pas très écolo...
Le biocarburant n'est donc pas une solution miracle mais devrait plutôt être considéré comme un remède à moyen terme, parmi d'autres, pour réduire la consommation de pétrole. Des
mesures doivent être prises pour utiliser conjointement des énergies
renouvelables, le nucléaire, les véhicules hybrides, la capture du CO2,
l'amélioration du rendement des réseaux électriques, etc. afin de diminuer les émissions de gaz à effet de serre.
Pour un développement durable, il faut que les politiques et industriels concentrent davantage leurs efforts sur la recherche et le développement des "technologies propres", des sources d'énergie non polluantes et renouvelables, tout en encourageant les économies d'énergie en parallèle.
Toutefois, des solutions alternatives de biocarburants existent : en fabriquer à partir de plantes non comestibles, comme le jatropha (voir article du 12 février 2007), ou à partir de déchets agricoles (éthanol cellulosique). Pour le moment, leur faible rendement et leurs coûts de fabrication plus élevés ne permettent pas encore de les exploiter à grande échelle.
Pour terminer, je vous propose de visionner cette vidéo de 1 min 19 sur france24.com : Lula vante les mérites de l'éthanol aux Européens







































