mardi 1 mai 2007
Le marché de la faim
We Feed the World est un film documentaire autrichien, sorti en salle le 25 Avril 2007, qui montre les ravages causés à travers le monde par les multinationales de l'agroalimentaire sur l'agriculture traditionnelle.
Pendant un an, le réalisateur a rencontré en Autriche, en Espagne, en France, au Brésil et en Roumanie les acteurs et les victimes d'une agriculture industrialisée à l'échelle mondiale. Pour chaque pays, il met le doigt sur les conséquences écologiques et sociales désastreuses de l'exploitation intensive des terres. Chaos social et pollution ; emploi dangereux des techniques génétiques et manipulations politiques ; destruction du marché local et famine - nos aliments "bon marché" coûtent très cher aux pays où ils sont produits.
Vous pouvez en découvrir quelques extraits sur le site d'Allociné, cliquez ici, ou vous procurer le livre ISBN 978-2-7427-6681-9 / AS4522 aux éditions Actes Sud.
Quand vous aurez vu ce film, ou lu ces pages, vous ne verrez plus jamais du même œil les rayons de votre supermarché… Et vous aurez davantage de critères pour juger les produits que leur fraicheur ou leur prix.
Dans le même ordre d’idée, prenez
par exemple le cas des fraises que l’on trouve sur nos marchés français
en hiver… En remontant la filière jusqu’en Espagne, on découvre que la
note est salée pour la planète !
- Ces fraises sont cultivées dans des serres qui s’étendent à perte de vue, sur des emplacements résultant d'une déforestation massive et mal contrôlée (forêt de pins et eucalyptus).
En
Espagne, ils sont des centaines d’exploitants à cultiver des fraises en
toute illégalité dans la région, sur des terres qui n’ont jamais été
dédiées à l’agriculture. Sur 5 000 ha de champs de fraises, 2 000 sont
illicites, 110 se trouvent même en zone protégée !
- Ces serres génèrent 4 500 tonnes par an de plastique que l’on retrouve en lambeaux accrochés aux buissons ou mi-enfouis dans les ornières (temps de dégradation d’un sac plastique : 400 ans)…
- La main d’œuvre, pour les récolter, est en grande partie d’origine étrangère (d’Afrique et d’Europe de l’Est) et, dans la plupart des cas, exploitée.
- Pour la production: les cultivateurs ont recours aux engrais artificiels, fongicides, insecticides, etc. En 2001, selon une étude de l’autorité sanitaire américaine (FDA), la fraise cultivée en Espagne était placée parmi les 12 produits les plus contaminés par les résidus chimiques.
- Pour l’irrigation, les producteurs creusent des puits pour abreuver leurs champs. Dans la moitié des cas, ils n’ont aucune autorisation. Résultat : le sous-sol a perdu la moitié de son eau en trente ans. La rivière, la Rocina, est à sec de juillet à octobre à cause des forages illégaux.
Et finalement, bien que ferme, rouge vif et bien calibrée, la fraise d’hiver n’est ni goûteuse ni sucrée… donc mangez-en en juin, comme avant !














